lundi 25 août 2008

13/07 : Vang Vieng

On en tombe amoureux tout en ayant envie de cracher dessus. Des occidentaux venus avec leur pays comme dans leur pays. Une sorte de Disneyland aux faux airs d Amsterdam. Et pourtant quelques kms autour, une nature vierge, ou seules les antennes satellites qui fleurissent les cabanes nous rappellent un peu chez nous. C est une rupture totale avec leur passe, un avenir insouciant que des étrangers sont venus cherher ici : un mélange de paradis artificiel et de paradis naturel entre rêveries opiacées et abus de prostitues, certains sont définitivement restes bloques. Tout leur devient trop simple et surtout y rester. Beaucoup trop de choses nous attendent pour se laisser happer.
Premier bus pour Luang Prabang. Extase, le bus a décide de diffuser des clips de pop thai d une rare intensité : ‘Je t aime mais tu es parti, pourquoi tu me fais ça a moi qui ai tout donne pour toi, comment te pardonnerais-je ‘sur fond de roses rouges et de jeunes sur MSN. Le RNB sauce thai ( je vous ferai écouter, vous inquiétez pas) Niveau conduite c est plutôt rallye mais avec un bus. Ca tombe bien, la nuit ne permet pas de voire le chemin. Sans trop y croire on arrive finalement vivant a 2h du mat.
12h : des nouilles, un fruit shake et on trace. On marche quelques heures a la rencontre du saint des saints, un exemple pour l humanité, la lumière de notre vie, celui auquel vous pensez chaque jour : Henri Mouhot bien sur( je te vois déjà chercher sur Wikipedia) Et la bim, sorti de nulle part, une petite pétanque avec des enfants Lao. Ils pointent comme des marseillais mais sans le 51, donc un poil moins bien. On a du perdre, enfin passons…
Quelques Lao beer plus tard…




15/07 : Luang Prabang

Ville fourmillante de Wats, ou se mélangent vapeurs d encens et effluves de poulet grille. On y croise des marches nocturnes ou les Laotiens déambulent entre poisson frit et riz gluant, et de l artisanat local ou le touriste essaye tant bien que mal de négocier son bout de tissu. Une longue marche censée nous mener aux magnifiques grottes de Pak ou sera avortée lorsqu après de longues heures de marches on nous les indique toujours a 20 km. Tant pis on aura fait des rencontres, découvert que la fac laotienne ressemble comme deux gouttes d eau a une barre d immeuble de clichy. On rentre finalement a l arrière d un pick up tapisse de Lao beer consignées, Retour a la case départ




16/07 : Luang Prabang-Phongsali


On poursuit notre avancée vers le nord et notre recul dans le temps. Quelques cours d anglais lao avec un étudiant en math . Au Laos un bus n a pas vraiment d horaire ou seulement a titre indicatif. Il n y a même pas vraiment de temps dans ce pays puisqu ils le prennent. Ca joue tranquillement a la pétanque en ignorant un retard qui aurait depuis longtemps entraîner une mutinerie gare du nord. Le bus se charge de sac de riz dans des allées, de denrées en tout genre sur le toit cotoyant une moto montée a bout de bras. On prend la route ou le chemin, je sais pas trop, au rythme des portables chinois rivalisant de technologie avec l iphone bien de chez nous. Ils crachent de la bonne pop thaï comme on les aime. On dormira plus tard. Ca tombe bien, 5-6 heures de pause pour attaquer a coup de scie électrique la boite de vitesse nous offrent du repos. La réparation de fortune reste inefficace. On procède donc a une autre méthode : la prestidigitation ou comment transformer 2 bus en 1. C est debout dans l allée sur un sac de riz que s effectuera donc la moitie du voyage. 26 heures après le départ, on atterrit dans une pension chinoise digne des films hongkongais diffusant Alerte a Malibu en version doublée chinoise

17/07 : Phongsali

Phongsali est a une cinquantaine de bornes de la frontière chinoise. Les vendeurs de portables chinois ont pignons sur rue. La ville est perchée dans la montagne et n attire que peu de touristes et c est plutôt tant mieux.



18/07 : Phongsali


On part arpenter la montagne vers le sud poursuivant notre folle idée d atteindre Muang Khoua près de la frontière Vietnamienne a pied. Mais on se retrouve vite face a un gros dilemme : nombreux villages excentres dans la montagne ont été recentre autour de la ville par le gouvernement Lao pour d obscures raisons.On a du mal a savoir le fin mot ; éradiquer les champs d opium, leur permettre l accès a plus d infrastructures(notamment la très utile Tv Lao) ou pouvoir mieux contrôler leurs faits et gestes : tout ça reste assez sombre. Ca signe malheureusement la disparition de quelques minorités ethniques dont les représentants se cantonnaient a un seul village. Notre carte perd toute son utilité. On savoure quelques boules de sticky rice agrémente de saucisse et de salade de chou pendant que, tapis dans l ombre, un laotien bourre sa pipe d opium, nous observant le regard vitreux, perdu dans ses pensées lointaines. On reprend route pour arriver en fin d après midi au milieu des buffles, des poules et des enfants a Ban Phongset. Le chef du village nous accueille dans son costume traditionnel : un slip de bain et un grand sourire. Il accepte avec plaisir de nous héberger une nuit dans sa hutte. Les enfants s affairent autour de nous, leurs grands yeux exorbités braques sur nous et leur timide sourire en coin. Nous sommes dans un village Phu Noi ou tout le monde ne parle pas Lao ce qui complique un peu la tache. Tout le village vient nous saluer, les enfants fascines par l appareil photo , éclatant de rire a la vue de leur visage dans l écran. Il n y a pas d électricité, de téléphone ni d eau courante mais un T shirt Chantal Thomas prouve que l on est pas si loin de chez nous. On joue a s apprendre des mots. Leur anglais resultant en ‘Helleau, tenke youu et i leuve youu’ et notre phu Noy a Attabuya(merci). On les éclaire sur leur vision du monde(Soviet ? America ? Irak ? France ?) avec une carte qui ressemble plus a un dessin abstrait si ce n est ma France méticuleusement bien dessinée et la botte de l Italie de Pier au détail près. Chauvins ???Ils complètent la carte par les noms laotiens.
Une fois le poulet égorge et vide de son sang, le chou piteusement decoupe par nos soins, on s asseoit autour d une table a la lueur de la bougie. On mange, on mange et on mange. Refuser ce qu on nous offre serait sacrilège, alors on ingurgite toute sorte de pièces de poulet, on trinque encore et encore au Lao Lao jusqu a épuisement. La nuit tombée, le village se rassemble dans la tente. Les odeurs de bougie se mêlent a celles du tabac, qu ils prennent soin de cultiver et faire sécher pour le rouler dans des feuilles qui ressemblent un peu a celles sur lesquelles j écris, encre comprise. On est hors du temps, c est réellement l impression que donne le Laos. On écoute pour une fois de la musique Lao, sorte de Trance orientale aux voix déjantées. La nuit sera courte entre les Laotiens qui continuent a discuter, aux buffles qui ne cessent de ruminer et les coqs qui donnent leur recital des 5 heures du matin.


19/07 : Phongsali

Le chef insiste pour qu on déjeune avant de partir. Ce sera donc poulet et riz a 7 heures du matin. On évite de justesse le Lao Lao avec lequel ils trinquent déjà, ça doit être leur café a eux. On quitte le village avec la brume se levant sur les montagnes qui nous entourent, des souvenirs a foison et le ventre plein, très plein. Pier croise un aimable militaire qui l accueille avec un AK47 qu il charge a 50 m de lui. Un sabaidee plein d allégresse lui sauve la vie


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